Urwelt – Quand l’amazone etait un jardin
07 Dec 2009
Est si l’un des symboles de la nature sauvage et de sa préservation, l’un des derniers édens , été en partie une création humaine? Le poumon vert de la planète, l’Amazonie, pourrait elle être un artefact de l’activité humaine dans la région ? La réponse à cette étrange question se trouve peut être tout simplement à nos pieds dans la terre noire d’Amazonie , la terra petra.
Lorsque les premiers occidentaux foulent le sols des Amériques en 1492 ce “nouveau” continent est alors plus peuplé que l’Europe entière et la capitale de l’empire aztèque Tenochtitlán ( Mexico ) plus étendue que Paris. Il est difficile d’imaginer que ces sociétés sud-américaines extrêmement développées et structurées n’aient eu à l’instar des nôtres qu’un impact négligeable sur leurs environnements. .
Si l’on estime que 95% des autochtones ont été décimés par les maladies véhiculés par les européens et leurs animaux domestiques ( petite vérole, rougeole,etc… ) certains archéologues arrivent à une estimation de la population “pre-contact” à 10 millions d’habitants, augmenter le taux de mortalité à 98% la population pourrait alors avoir atteint les 25 millions d’âmes.
Le mythe du bon sauvage en harmonie avec la nature en prend alors un sérieux coups, que ce soit 10 ou 25 millions il est difficilement d’imaginer que ces populations aient peut se contenter de culture vivrière de petite envergure et de cueillette. Pomme de terre, tomate, piments mais surtout maïs devaient donc être produits en importantes quantités pour approvisionner les grands centres urbains dans tout le continent.
Pour relever ce défi certains chercheur suggèrent que les indiens se seraient livré sur plus de 3500 ans à une véritable terra-formation du bassin de l’amazone et particulièrement des ses sols pauvres en nutriment et constamment délavés par les intempéries.

Cette intéressante théorie s’appuie sur la découverte d’un type de terrains hétérogène à la pédogenèse classique des sols amazoniens, une terres extrêmement riches en carbone et des plus propices à la culture : la terra petra .
La terra petra se serait initialement formée aux abords des habitations indiennes ,comme en témoigne les nombreux fragments de poterie qu’elle contient, suite à l’apport “involontaire” de nutriments ( composte, déjection, charbon de bois,etc …) aux sols environnant.
Sous l’action conjointe de micro-organisme et d’animaux de la litière, notamment des lombric, se serait alors formé un sol très riche dont une des particularité la plus spectaculaire est de se régénérer spontanément à la vitesse de 1 cm par an mais aussi de “coloniser” les sols pauvres environnant à la manière d’un organisme vivant .
Si ce phénomène de croissance n’est pas encore entièrement compris il semble que les populations locales aient pleinement bénéficié de ces propriétés pendant plus de 4 000 ans . On estime en effet à 10% le pourcentage de sol amazoniens présentant des traces de terra petra et auraient été potentiellement amendés par la main de l’homme ce qui représentent une superficie de terrains cultivés supérieure à celle du territoire Français, de quoi faire de l’amazone le plus grand jardin cultivé par l’homme.




